Claude Roy, Poésies, "Petit Matin"

Publié le

Claude Roy, « Petit Matin » :


"Jusqu'à ce que le ciel soit couleur de matin
jusqu'à ce que le coq et le vent et la voile
et le sable et les flots et le myrte et le thym
échangent l'existence à la dernière étoile

Jusqu'à ce que la mer frissonne de chevaux
j'irai les yeux ouverts attendre la venue
de l'enfant que le clair enfante de nouveau
la secrète des flots la très douce et très nue

Les hommes de fumée ont baissé les paupières
perdus aux carrefours du jour et de la nuit
Le signe des bergers et le livre des pierres
ont glissé de leurs mains dans l'oracle des puits

Mais je sais la nouvelle et j'attends mon amour
qu'elle revienne enfin l'enfant du jour levant
avec ses yeux de ciel et ses cheveux de jour
et ses genoux de sel et ses jambes de vent."

Publié dans Textes divers

Commenter cet article